Pourquoi vous avez l'impression de ne jamais en faire assez

Pourquoi vous avez l’impression de ne jamais en faire assez.

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J’ai passé le week-end dans une cabane (avec un sauna) seule avec mon mari. Sur cette photo, seule ma tête de ravie est conforme à la réalité. Il n’a fait que pleuvoir pendant 2 jours, sauf pendant la minute de la photo. Mais c’était tout de même une succession de moments parfaits.

En relisant quelques-unes de mes pages du matin, j’ai pris conscience que j’y parle souvent de mes incapacités, de mes manquements, de mes ratés.

Concrètement, ça prend la forme d’une liste de tout ce que je n’ai pas fait : côté pro ou perso, ça parle de tout ce que je m’étais dit que je ferais, même sans m’être dit que ce serait fait ce jour-là spécifiquement, ou même, ce que je ne m’étais pas dit que je ferai d’ailleurs, bref, tout ce qui me donne l’impression de ne jamais en faire assez.

Une interminable liste de mes errements, tout ce qui pourrait me confirmer combien je ne suis pas à la hauteur.

C’est très fatiguant.

Et très énervant.

Surtout quand je pense à la liste de tout ce que j’ai fait, abattu comme travail, assuré de rendez-vous, pris comme contacts, multiplié les chantiers, réussi en somme.

Lassée, j’ai voulu comprendre ce qui me donnait cette impression de ne jamais en faire assez à la fin de la journée.

J’ai donc fait mes recherches.

Et je suis arrivée – enfin j’ai débuté – avec la dopamine.

La dopamine n’est pas tout à fait la molécule du plaisir qu’on nous a vendu.

C’est avant tout un neurotransmetteur de la motivation et de la poursuite des objectifs.

Le truc, c’est qu’elle n’est pas activée quand on obtient une récompense ou qu’on réussit quelque chose, mais bien dans l’anticipation de celles-ci.

Une fois l’objectif atteint, les niveaux de dopamine chutent rapidement, ce qui diminue la satisfaction ressentie : on regarde immédiatement vers le prochain objectif. Ceci est un effet normal du système appelé “dopaminergique”.

Cet effet a lieu chez presque tout le monde.

Sauf que… chez les perfectionnistes, il y a un deuxième effet kiss cool : ce cycle est amplifié. Il est même dysrégulé.

La conséquence neurologique ne se fait pas attendre : même lorsque vous accomplissez quelque chose d’important, la récompense intérieure est brève.

En fait, le cerveau est déjà en train de viser le niveau suivant, renforçant ce sentiment que nous n’en avons pas fait assez.

A ce stade de mes recherches, je me suis dit que c’était logique.

Mais il y a plus intéressant encore.

L’aire orbito-frontale et l’auto-critique.

Ça pourrait ressembler à un titre de l’Oulipo mais c’est beaucoup moins rigolo.

Des études neurobiologiques suggèrent que chez les perfectionnistes1, certaines régions cérébrales notamment le cortex orbitofrontal (OFC)2 peuvent être hyperactives.

Quand l’OFC amplifie la critique interne, même une performance excellente est perçue comme insuffisante.

Cette activité excessive réduit la satisfaction que l’on ressent quand on réussit quelque chose, ce qui contribue à l’impression persistante de ne jamais être à la hauteur.

A cela, vient s’ajouter un “mécanisme neurologique adaptatif”, c’est à dire, pas tout à fait un biais mais pas loin : “l’error monitoring” (ou système de détection des erreurs).

Fondamentalement, une fonction aussi normale qu’utile du cerveau, essentielle à l’apprentissage et à la correction du comportement.

Malheureusement, chez les perfectionnistes, ce mécanisme est en hyperactivité : il y a comme un sur-signalement des erreurs, réelles ou anticipées, même mineures ou inexistantes.

Les conséquences cognitives de cet “error monitoring” hyperactif peuvent générer de vrais biais : négativité, confirmation (on cherche la preuve qu’on a mal fait), ou encore le d’autocritique.

Et donc, on note, chez nous, mesdames :

  • un accent excessif sur l’évitement de l’erreur plutôt que sur l’apprentissage,
  • une tendance à surévaluer ses erreurs,
  • une sensibilité accrue à toute forme de critique.

Et pour finir, on tombe dans quelque chose qui ressemble à ça

Ou, si vous préférez, à ça :

Partie droite du retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar.

Parler de ce sentiment à peu près constant d’insuffisance nécessite aussi de le rapprocher du sentiment d’imposture.

Celui-ci a pour conséquence directe que les réussites externes ne sont, pour ainsi dire, jamais internalisées comme preuves de compétence personnelle : elles sont attribuées à la chance, à une explication externe, ou considérées comme temporaires.

Pour rappel, imposture + perfectionnisme =

  • crainte d’être découverte comme incompétente,
  • dévaluation de ses propres succès,
  • tendance à mesurer sa valeur par rapport à des standards impossibles à atteindre.

Et puis…

…n’oublions pas la procrastination paradoxale

Pour faire simple, il s’agit du mécanisme cognitif qui fait que plus les standards sont élevés, plus le cerveau anticipe le stress associé à l’effort et à l’évaluation.

Ce mécanisme diminue la motivation à initier l’action, même si on souhaite réussir.

Vous le voyez venir, le “je devrais faire ça, mais j’ai besoin d’être vraiment prête” ?

Pour ne pas ajouter un sentiment de culpabilité sur ce gâteau de l’horreur, il ne s’agit pas là de paresse : c’est une stratégie d’évitement cognitive due à la peur interne de ne pas répondre à des critères trop exigeants.

Les racines de l’enfer : apprentissage et auto-valeur

Du point de vue neuroscientifique et psychologique, ces circuits se construisent aussi à partir de l’expérience.

Si, dans l’enfance ou l’adolescence, l’amour, l’approbation ou l’estime étaient perçus comme conditionnés à l’excellence, le cerveau a appris que la valeur personnelle dépend de la performance – ce qui ancre cette dynamique dans les réseaux neuronaux du jugement et de la récompense.

Pourquoi ce sentiment persiste malgré la réussite objective ?

Même chez une femme cadre brillante et accomplie, ces mécanismes peuvent continuer à fonctionner parce que :

  • ils sont profondément intégrés dans le cerveau (circuit dopaminergique + système d’erreur),
  • les normes internes ne sont jamais atteignables (elles s’ajustent automatiquement vers le haut),
  • votre circuit de récompense n’accorde pas de satisfaction durable aux réussites, mais plutôt une impulsion vers la prochaine étape.

C’est ce qui fait que, même après une promotion, un succès, ou un compliment, le cerveau fait déjà tourner le prochain objectif – plutôt que de vous laisser savourer ce que vous avez accompli.


La bonne nouvelle – puisqu’il en faut au moins une, c’est que vous pouvez y remédier.

Car, vos circuits neuronaux sont malléables. Ils peuvent changer grâce à des micro-interventions répétées (bien davantage qu’avec de grandes et très sages résolutions.)

Voici 5 techniques validées que je vous invite à essayer pour changer la donne (et à m’en donner des nouvelles).

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